Document Type

Article

Publication Date

2014

Abstract

À partir de 1890, plusieurs revues de recettes de cuisine commencèrent à évoquer les habitudes culinaires des peuples colonisés. Les articles et recettes naviguèrent sans cesse entre deux pôles. Le plus puissant consistait à susciter une forme de dégoût chez le lecteur, fondant ainsi un sentiment d’altérité et de supériorité vis-à-vis de populations présentées comme primitives car mangeant du chien, des insectes ou des aliments avariés. Mais parallèlement, il existait un exotisme acceptable, non transgressif, lié à la consommation de fruits tropicaux ou de plats au curry, qui trouvèrent alors leur place dans la cuisine bourgeoise de l’entre-deux-guerres.